Le FMI évoque la réforme bancaire et le budget 2027 du Liban
Une mission présente du 15 au 18 septembre a examiné la restructuration bancaire et la planification budgétaire. Le FMI prévoit une contraction et une inflation à deux chiffres en 2026.
Période de l’événement / des données: 2026-09-18
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IllustrationUne mission du Fonds monétaire international s’est rendue au Liban du 15 au 18 septembre 2026 afin d’examiner les perspectives économiques et les progrès des réformes financières. Dans son communiqué du 18 septembre, le Fonds estime que le conflit et les évolutions sécuritaires régionales ont de nouveau fortement pesé sur l’économie et les conditions de vie. Le texte de son chef de mission, Ernesto Ramirez Rigo, constitue une évaluation des services après la visite, et non un accord de programme ou une décision du conseil d’administration.
Le FMI prévoit une contraction marquée de l’activité en 2026, une inflation restant à deux chiffres et un élargissement du déficit courant, principalement sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques. Il relève également les dommages aux infrastructures et aux logements, les déplacements internes à grande échelle et la dégradation du niveau de vie des personnes déplacées. Ces éléments décrivent un choc économique étendu plutôt qu’une simple prévision de croissance : la production, les budgets des ménages, les paiements extérieurs et les services publics sont simultanément sous pression.
Parmi les progrès examinés avec les autorités figure l’approbation d’amendements à la loi sur la résolution bancaire. Les services du FMI estiment que ces changements établissent un cadre plus clair pour la résolution et la liquidation ordonnées des banques et représentent une étape importante de la stratégie de restructuration. Ils ne signifient pas que la crise bancaire est terminée. La protection des déposants, la répartition des pertes et la viabilité du système bancaire restructuré restent des enjeux centraux pour le redressement.
Le Fonds demande que le projet de loi sur la stabilisation financière et le recouvrement des dépôts soit davantage aligné sur les principes internationaux. Son communiqué insiste sur le respect de la hiérarchie des créances : les actionnaires et les créanciers subordonnés devraient supporter les pertes avant les déposants. Il affirme aussi que les propositions de remboursement doivent être compatibles avec la viabilité du secteur bancaire et la soutenabilité de la dette publique. Ces règles, bien que techniques, influent sur les attentes des ménages concernant leurs anciens dépôts et sur l’accès des entreprises au fonds de roulement et au crédit.
Sur les finances publiques, le projet de budget 2027 vise l’équilibre et prévoit de renforcer la conformité fiscale. Le FMI accueille favorablement cette orientation, tout en signalant que la hausse à 12 % du taux de TVA approuvée par le cabinet n’est pas encore appliquée. Cette mesure devait initialement contribuer au financement de l’augmentation des salaires publics et des pensions approuvée en février 2026. Les coûts de personnel ajoutant une pression sur les dépenses, les services déconseillent de nouveaux ajustements ponctuels de salaires ou de pensions sans recettes compensatoires.
La mission a également demandé d’inscrire intégralement au budget 2027 les dépenses financées par l’étranger, de donner la priorité à l’aide aux personnes déplacées et de préserver une marge pour l’investissement public. Les services font état de progrès dans l’élaboration avec le gouvernement d’un cadre budgétaire à moyen terme, mais estiment que le séquençage des mesures et l’intégration des dépenses d’investissement et sociales exigent encore du travail. Une fois adopté, un cadre crédible pourrait orienter les budgets annuels, renforcer la soutenabilité de la dette et préciser les moyens consacrés à la reconstruction et à la protection sociale.
Le communiqué présente ainsi la discipline budgétaire comme la répartition cohérente de ressources publiques limitées entre reconstruction, protection sociale et stabilité. Les services du FMI estiment que la prudence des politiques monétaire et budgétaire a contribué jusqu’ici à préserver une certaine stabilité. Ils soulignent également que les recettes, les dépenses et la gestion de la dette doivent s’inscrire dans un même plan à moyen terme. Leur évaluation indique clairement que ce cadre est encore en cours d’élaboration et que sa mise en œuvre sera déterminante.
Le FMI affirme qu’il poursuivra le dialogue avec les autorités libanaises et soutiendra un programme de réformes global susceptible d’être appuyé par un accord avec le Fonds. Le communiqué n’annonce ni examen par le conseil d’administration ni nouveau financement approuvé. Les étapes à suivre sont l’application des amendements sur la résolution bancaire, l’avancement législatif du projet sur le recouvrement des dépôts, l’adoption du budget 2027, le statut de la hausse de TVA et l’approbation formelle du cadre budgétaire à moyen terme.