Politique budgétaire / MONDE

Les recettes intérieures de la Jordanie progressent de 2 % à fin juillet

Les recettes ont atteint 5,625 milliards de dinars entre janvier et juillet 2026. Les recettes non fiscales ont contribué davantage à la hausse, tandis que les dépenses d’investissement ont également augmenté.

Illustration conceptuelle des finances publiques et de l’allocation des ressources.Illustration
Illustration symbolique

Les recettes publiques intérieures de la Jordanie ont augmenté de 107 millions de dinars au cours des sept premiers mois de 2026 par rapport à la même période un an plus tôt, pour atteindre 5,625 milliards de dinars. Les données budgétaires officielles rapportées le 17 septembre par l’agence Petra font état d’une hausse de 2 %. La comparaison porte sur janvier-juillet ; elle ne représente ni les recettes de toute l’année, ni un excédent budgétaire, ni toutes les sources de financement de l’État.

La composition de la hausse importe autant que son taux global. Les recettes fiscales ont progressé de 32 millions de dinars à 4,126 milliards, tandis que les recettes non fiscales ont augmenté de 75 millions pour atteindre 1,498 milliard. La majeure partie de la hausse de 107 millions provient donc des postes non fiscaux. Cette ventilation montre qu’il ne faut pas évaluer les recettes à partir des seuls impôts. Le communiqué ne précise pas si la hausse non fiscale vient de droits, de dividendes, de services ou d’un autre poste.

Le pourcentage publié étant arrondi, le rapport entre 5,625 milliards de dinars et le montant comparatif de 5,518 milliards correspond à une hausse d’environ 1,9 %, présentée comme 2 %. La distinction entre recettes fiscales et non fiscales permet de repérer les postes qui ont le plus contribué. Ce calcul n’établit toutefois ni le caractère récurrent des recettes plus élevées ni la poursuite du même rythme durant les mois suivants.

Les dépenses d’investissement sont le principal poste de dépense mis en avant. Elles ont progressé de 55 millions de dinars à fin juillet pour atteindre 687 millions, contre 632 millions sur la même période en 2025, soit une hausse d’environ 8,7 %. Petra indique que le gouvernement a continué à financer des projets prioritaires d’investissement et de développement. Le communiqué ne donne ni la liste des projets, ni le calendrier des paiements, ni leur taux d’achèvement ; le total ne permet donc pas d’identifier les infrastructures financées en plus.

L’agence associe la progression des recettes à la reprise économique, à l’amélioration de l’administration fiscale et à l’élargissement de l’assiette. Il s’agit des explications données dans son article ; le bref communiqué ne chiffre pas la contribution de chacun des facteurs. Une meilleure administration peut accroître la conformité, tandis qu’une activité économique plus importante peut élargir les transactions imposables. Il faudrait des données supplémentaires par type d’impôt, activité et période pour distinguer ces effets plutôt que de traiter les explications comme des parts mesurées de la hausse.

Les recettes intérieures ne suffisent pas à déterminer l’équilibre du budget. Une analyse complète exigerait les dépenses de la même période, les emprunts, les intérêts, les dons extérieurs, le déficit et le stock de dette publique. Une hausse des dépenses d’investissement ne signifie pas automatiquement que la dette ou le déficit ont augmenté ; cela dépend du financement et des dépenses totales. Les chiffres publiés par Petra portent sur les recettes et l’investissement public, et non sur l’ensemble des comptes budgétaires.

Les recettes fiscales représentent environ les trois quarts des deux catégories de recettes intérieures déclarées, et les recettes non fiscales environ un quart ; il s’agit de calculs à partir des montants publiés. Cette répartition ne montre pas comment l’impôt est réparti entre ménages et entreprises. Des tableaux détaillés par type de taxe, exonérations et groupes concernés seraient nécessaires. De même, le rendement économique des dépenses d’investissement ne peut pas être évalué à partir d’un seul montant agrégé.

Pour actualiser l’analyse correctement, les prochaines publications devraient comparer la même période de sept mois sur les deux années et présenter les sous-catégories de recettes avec les dépenses totales. Les résultats budgétaires de fin d’année indiqueront si la tendance des sept premiers mois s’est prolongée. Les données actuelles montrent une hausse modérée des recettes et une progression nominale de l’investissement public, sans trancher à elles seules la question de la résilience budgétaire. Cette limite aide à interpréter le chiffre de 2 % à sa juste mesure.

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