La production française de poireaux devrait reculer de 13 % après les chaleurs estivales, selon Agreste
Agreste prévoit 134 700 tonnes de poireaux en 2026-2027 ; les pertes de rendement dues à la chaleur et la sécheresse limitent l’offre. L’estimation reste provisoire.
Période de l’événement / des données: 2026-10-01
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La production française de poireaux est estimée à 134 700 tonnes pour la campagne 2026-2027, soit 19 700 tonnes de moins que lors de la campagne précédente. Le service statistique du ministère de l’Agriculture, Agreste, a publié cette estimation le 23 octobre à partir des informations recueillies jusqu’à la fin de septembre et arrêtées au 1er octobre. La production prévue est inférieure de 13 % à celle de 2025-2026 et de 17 % à la moyenne des cinq campagnes de 2021-2022 à 2025-2026. Agreste précise que la projection doit encore être affinée, car il est difficile à ce stade d’évaluer les effets des vagues de chaleur de l’été sur l’ensemble de la campagne. Le chiffre principal est donc une prévision, et non le total définitif de la récolte nationale.
Le rapport attribue principalement la baisse prévue aux rendements, décrivant une croissance des plantes ralentie ou interrompue après plusieurs épisodes de chaleur estivale. La superficie nationale ensemencée est estimée à 5 382 hectares, soit 2 % de moins que lors de la campagne précédente et 1 % de moins que la moyenne des cinq campagnes. Cette réduction de superficie contribue aux perspectives, mais la baisse en pourcentage plus marquée de la production montre que la superficie seule n’explique pas le déficit prévu. Le tableau par bassin d’Agreste fait apparaître une baisse dans chacun des bassins de production étudiés : le Nord, avec 21 000 tonnes, en recul de 13 % sur un an ; l’Ouest, avec 40 800 tonnes, en baisse de 15 % ; le Centre-Ouest, avec 36 600 tonnes, en baisse de 14 % ; et le Sud-Est, avec 20 200 tonnes, en baisse de 8 %. Les autres bassins représentent 16 200 tonnes. Après arrondi, ces estimations totalisent le chiffre pour la France.
Le mois de septembre donne une indication des pressions subies par les cultures de fin de saison. Le tonnage récolté ce mois-là devrait être inférieur de 28 % à celui de septembre 2025, période où des volumes plus importants arrivent habituellement sur le marché. Les pluies sont revenues, mais Agreste indique qu’elles n’ont pas suffi à compenser le déficit hydrique. Les pertes ont été plus importantes dans les parcelles dépourvues d’accès à l’irrigation, tandis que la sécheresse a également favorisé les attaques de thrips. Selon le rapport, les poireaux pourraient être petits, nécessiter un parage supplémentaire ou, dans certains cas, ne pas satisfaire aux normes commerciales. Il s’agit de risques déclarés concernant la production et la qualité ; la source ne chiffre ni le nombre d’exploitations sans irrigation, ni l’ampleur des dégâts causés par les ravageurs, ni la quantité de production rejetée. Elle prévoit que le déficit de production restera marqué pendant la campagne.
Les contraintes d’offre ont coïncidé avec une hausse des prix à la production à la fin de l’été. Selon le rapport, en août, les prix des poireaux dépassaient de 53 % ceux d’août 2025 et de 49 % la moyenne quinquennale d’août pour 2021-2025. Leur niveau élevé s’est maintenu en septembre, lorsque l’indice des prix à la production était supérieur de 53 % à celui de septembre 2025 et de 55 % à la moyenne des mois de septembre 2022 à 2026. Dans le résumé de la publication, la première comparaison semble prendre 2026 comme référence de l’année précédente ; le texte détaillé et le libellé du graphique comparent septembre 2026 à septembre 2025. Ce texte suit les périodes détaillées et interprète le pourcentage cité comme une comparaison sur un an. Agreste indique que les prix se sont ajustés progressivement en septembre ; la comparaison mensuelle ne signifie donc pas que chaque journée ou transaction affichait la même prime.
Au début de la campagne, l’équilibre était différent. Le temps relativement pluvieux de mai a soutenu l’arrivée des premiers volumes de poireaux. En juin, toutefois, les températures élevées ont limité l’intérêt des consommateurs : les prix moyens du mois étaient inférieurs de 14 % à ceux de juin 2025 et de 17 % à la moyenne quinquennale. En juillet, l’offre limitée a maintenu les prix proches de la moyenne des cinq campagnes précédentes. Le mois d’août a ensuite vu une hausse plus forte, alors qu’une offre modérée rencontrait une demande ferme. Cette séquence montre pourquoi un chiffre annuel unique pour les prix masquerait l’évolution du marché. Agreste publie des valeurs mensuelles de l’indice des prix à la production, avec une base de 100 en 2020 ; il s’agit de comparaisons d’indice, et non de prix absolus au kilogramme ou de prix de détail. La publication décrit la saison, mais ne donne pas les achats des consommateurs, les contrats individuels ni les marges après coûts de production.
Les volumes commerciaux indiquent un déficit croissant au début de la campagne, mais la définition des produits va au-delà des seuls poireaux. De mai à août 2026, la France a exporté 3 700 tonnes de poireaux et d’autres légumes alliacés, soit 2 % de moins que pendant la même période de la campagne précédente. Les importations ont atteint 6 900 tonnes, en hausse de 49 %. Le déficit commercial en volume qui en résulte était d’environ 3 200 tonnes, soit 2 400 tonnes de plus sur un an. Les comparaisons reposent sur les données douanières. Ces chiffres décrivent les quantités échangées pendant quatre mois, et non le commerce sur une année entière, la consommation intérieure ou la quantité de poireaux cultivés en France disponible pour les détaillants. Les autres alliacés étant inclus, ces données ne peuvent servir à calculer un taux de dépendance aux importations portant uniquement sur les poireaux.
La prévision nationale s’appuie sur des échantillons régionaux d’observations quantitatives et qualitatives. L’enquête couvre six régions regroupées en quatre bassins de production définis selon le climat et représentait 79 % de la production française de poireaux en 2025. Le rapport cite le Nord-Pas-de-Calais pour le Nord, la Basse-Normandie et la Bretagne pour l’Ouest, le Centre et les Pays de la Loire pour le Centre-Ouest, et Rhône-Alpes pour le Sud-Est, selon le découpage en 22 régions antérieur à 2016. Pour les zones non observées au sein d’un bassin enquêté, le service extrapole à partir des Statistiques agricoles annuelles de la campagne précédente ; il extrapole de même les bassins non enquêtés afin d’établir une estimation pour la France hors départements et régions d’outre-mer. Cette méthode permet de fournir une prévision à temps, mais le chiffre national ne constitue pas un recensement de chaque producteur ou parcelle.
Le mode de calcul des superficies diffère également d’un simple décompte des terres distinctes. Agreste définit les hectares déclarés comme une superficie développée : une parcelle est comptabilisée chaque fois qu’elle entre dans une rotation et qu’elle est récoltée pour cette culture pendant la campagne. Les comparaisons doivent donc conserver cette convention. La campagne s’étend de mai 2026 à avril 2027 et l’estimation suppose qu’aucun événement exceptionnel ne modifiera le reste de la saison. Cette hypothèse est particulièrement importante dans une publication qui insiste sur l’incertitude : le service indique qu’il reste difficile d’évaluer l’effet complet de la vague de chaleur estivale. Des observations ultérieures pourraient affiner le total de production, la répartition par bassin et l’évolution des prix. La publication d’octobre offre un état structuré à partir des données disponibles au début de l’automne, tout en indiquant explicitement qu’elle pourra être révisée plutôt que de présenter les 134 700 tonnes comme un fait définitif.
Pour les producteurs et les acheteurs, le principal constat du rapport est une prévision de disponibilité durablement plus limitée, sous l’effet de plusieurs facteurs distincts : une réduction de 2 % de la superficie ensemencée, une croissance affectée par la chaleur, un déficit hydrique persistant, un volume récolté en septembre en baisse et des problèmes de qualité concernant la taille et le parage. La réaction du marché apparaît dans les indices des prix à la production, en forte hausse en août et toujours élevés en septembre, alors même que les prix de juin étaient inférieurs aux niveaux de comparaison du début de campagne. Les données commerciales font état d’une hausse des importations et d’une légère baisse des exportations pendant les quatre premiers mois de la campagne, mais ces chiffres portant sur plusieurs alliacés ne doivent pas être confondus avec l’offre de poireaux uniquement. Les données d’Agreste ne mesurent ni la rentabilité des exploitations, ni la répercussion des prix au détail, ni les investissements dans l’irrigation, ni la contribution causale de chaque facteur de stress. La récolte définitive et les publications ultérieures sur les prix seront nécessaires pour évaluer la prévision d’octobre.
Données
Prévision pour la campagne de poireaux 2026-2027
Estimations d’Agreste pour la France hors départements et régions d’outre-mer, arrêtées au 1er octobre 2026.
- Production de poireaux, campagne 2026-2027
- 134 700 tonnes
- 2026-05 — 2027-04 · Prévision
- Évolution de la production par rapport à la campagne 2025-2026
- -13 percent
- 2026-05 — 2027-04 · Prévision
- Évolution de la production par rapport à la moyenne des cinq campagnes de 2021-2022 à 2025-2026
- -17 percent
- 2026-05 — 2027-04 · Prévision
- Superficie en poireaux, campagne 2026-2027
- 5 382 hectares
- 2026-05 — 2027-04 · Prévision
- Évolution du volume récolté en septembre 2026 par rapport à septembre 2025
- -28 percent
- 2026-09 · Prévision
- Évolution de l’indice des prix à la production de septembre 2026 par rapport à septembre 2025
- 53 percent
- 2026-09 · Observé
- Exportations de poireaux et d’autres légumes alliacés, mai-août 2026
- 3 700 tonnes
- 2026-05 — 2026-08 · Observé
- Importations de poireaux et d’autres légumes alliacés, mai-août 2026
- 6 900 tonnes
- 2026-05 — 2026-08 · Observé
Méthodologie
Les chiffres sont transcrits du rapport conjoncturel d’Agreste du 23 octobre. Les prévisions reposent sur des échantillons régionaux d’observations quantitatives et qualitatives et supposent qu’aucun événement exceptionnel ne modifiera le reste de la campagne. Les périodes de comparaison des variations en pourcentage sont précisées dans les libellés des mesures. Les volumes commerciaux regroupent les poireaux et d’autres légumes alliacés et proviennent des données des douanes françaises.
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